Notre histoire

 

Entre 2000 et 2010, une grave crise du logement sévit à Bruxelles, illustrée notamment par le doublement des prix des logements conjugué à un déficit criant de logements sociaux …

Face à cette situation, l’innovation est nécessaire dans les domaines de l’habitat et du développement des quartiers.  Plusieurs associations de terrain ont alors développé des systèmes originaux pour soutenir l’accès à la propriété des familles précarisées. Le CIRÉ a créé dès 2003 des groupes d’épargne collective et solidaire (GECS). Ces groupes rassemblent une quinzaine de familles autour d’un système d’épargne collective afin de constituer l’acompte nécessaire à l’achat d’un logement. Ces groupes favorisent, par des rencontres régulières, une entraide dans la recherche d’un logement et un soutien dans le parcours complexe de l’accession à la propriété et ce en partenariat avec le Fonds du Logement de la Région de Bruxelles-Capitale.

La Maison de quartier Bonnevie, active dans un quartier populaire de Molenbeek-Saint-Jean, a développé, de 2005 à 2010, le projet l’Espoir: 14 logements passifs pour des familles bénéficiant pour la plupart de revenus de remplacement. Ce projet exemplaire -il s’agit en effet du  premier projet d’appartements passif de la Capitale- a démontré que l’implication des habitants dans la conception de leur habitat apporte une grande plus-value.

Portées par ces innovations, certaines associations veulent aller plus loin et cherchent à définir un modèle  permettant de renforcer la durabilité de l’impact social et de la solidarité de ces formules acquisitives.

En 2008, lors d’une conférence sur les coopératives de logements à Lyon, elles découvrent un modèle venant des Etats-Unis : les Community Land Trusts (CLT). Considérant que le modèle pourrait apporter une réponse aux problèmes de logements à Bruxelles, elles commencent à réfléchir à son implantation.

Au même moment, le Champlain Housing Trust de Burlington, le plus grand CLT au monde, créé en 1983 et soutenu par Bernie Sanders, alors maire de la ville, reçoit le prix mondial de l’habitat de l’ONU. Le BSHF (Building and Social Housing Foundation) attribue ensuite une subvention pour qu’une petite délégation bruxelloise se rende à Burlington pour étudier le modèle CLT.

Un an plus tard, les 15 associations fondatrices du mouvement créent la plateforme “Community Land Trust Bruxelles” et en ratifient la charte.

Les années 2010, tout s’accélère…

Pendant deux ans, la plateforme sensibilise de nombreux acteurs au modèle, notamment à travers un colloque, et obtient du Secrétaire d’Etat au Logement que le Gouvernement  étudie la transférabilité du modèle au contexte bruxellois. Les résultats de l’étude sont positifs.

Le 20 décembre 2012, le Gouvernement de la Région Bruxelles-Capitale reconnait officiellement le CLT bruxellois. La plateforme CLTB devient l’asbl « Community Land Trust Bruxelles » et parallèlement, la Fondation d’Utilité Publique « Community Land Trust Brussels » est créée. Dans la foulée, la Région dote le CLTB d’une subvention pour le lancement d’un premier projet-pilote, le projet « Le Nid », à Anderlecht, puis d’un second 7 mois plus tard, le projet « Arc-en-Ciel » à Molenbeek.

Dans le cadre de l’Alliance Habitat, une enveloppe de 2 millions d’euros par an est accordée au CLTB pour la période 2014-2017 pour qu’il construise 30 logements par an.

En septembre 2015, les 9 familles du projet « L’Ecluse » sont les premiers à s’installer dans leur logement CLT. Ce projet devient ainsi le premier CLT habité d’Europe continentale.

Aujourd’hui, le CLTB développe une dizaine de projets qui permettront de loger plus de cents ménages.