Fondations et implications : l’avancement du projet Arc-en-Ciel

En observant le troisième étage du bâtiment à la rue Vandenpeereboom à Molenbeek se construire progressivement, nous pourrions nous sentir très peu interpellés par ce chantier  parmi tant d’autres à Bruxelles. Pourtant, en prenant le temps d’échanger avec les futurs habitants de ce projet, nous mesurons toute l’implication et l’énergie déployée. Les acteurs sont variés : les 32 familles bientôt propriétaires, les différentes associations partenaires, le Fonds du Logement, le CLTB et ses membres impliqués et les personnes travaillant sur le chantier.


Réunions de chantier

Le 7 novembre dernier, nous avons assisté à une réunion de chantier, où nous avons rencontré Alberto, Violetta, Elisabeth, Gloria et Virginie. Chaque semaine, une visite de chantier est organisée en présence d’une famille du projet « Arc-en-Ciel », d’un travailleur du CLTB et d’une association partenaire, ainsi que du chef de chantier. De manière générale, les familles sont contentes de voir les avancements concrets. C’est le cas de Violetta par exemple, qui explique que pendant ce temps, elle peut « apprendre à connaître les futurs voisins ».  Les membres ne sont pas simplement spectateurs de leur projet de vie. Chaque personne peut poser des questions sur le matériel utilisé, sur la qualité de celui-ci ou encore sur les prochaines étapes du chantier.

Co-construire son projet

L’implication des futurs propriétaires n’est pas limitée à la visite du chantier. Les familles se rencontrent régulièrement lors des Assemblées Générales. Assister à une Assemblée Générale, c’est synonyme d’échanger sur différents sujetset de trouver des compromis. Problèmes, solutions, propositions, il s’agit d’être constructif et de penser ensemble, dans l’intérêt du projet et de la collectivité.

Mais cela nécessite aussi d’être formé sur différentes problématiques. Comment vivre ensemble ? Comment respecter l’intimité et l’espace de chaque propriétaire ? Quelles sont les démarches essentielles à la copropriété ?Ce sont autant de notions qui demandent du temps à être intégrées, dans le respect et la compréhension des différences socio-culturelles qui entourent les membres du CLTB.

L’année 2018 a été très chargée pour les futurs habitants: réunions de copropriété, groupes de travail concernant l’énergie, échanges autour des charges communes, visites de chantiers, assemblées générales, etc. Lorella, responsable du projet « Arc-en-Ciel » auprès du CLTB, confie que les personnes sont très impliquées lors des échanges mais qu’elles se contactent aussi régulièrement en dehors, s’envoient des photos de l’avancement du chantier et se  rencontrent pour d’autres raisons.

Gloria, Alberto ou encore Violetta sont d’accord sur l’importance de la multiculturalité, même si cela peut faire peur d’être confronté à la barrière de la langue ou à des habitudes de vie différentes. D’où l’importance de construire le projet « Arc-en-Ciel » bien en amont. De solides fondations sont cruciales pour maintenir le lien.

Le lien et le tissu partenarial

Un projet de grande ampleur comme « Arc-en-Ciel » signifie avant tout travailler en collaboration. Le Fonds du logement est le maître d’ouvrage du projet. Les associations Bonnevie et Convivence accompagnent les futurs habitants et encadrent avec le CLTB la participation dans le projet.

Chaque partenaire est spécialisé dans un domaine qui permet aux futurs habitants  d’être formés correctement sur les fonctions de la copropriété, sur la gestion d’un budget commun, sur les questions de l’emprunt, sur ce qu’implique un achat ou encore la notion du vivre ensemble. Le Fonds du Logement étant maître d’ouvrage du projet, est responsable pour le chantier. Il prend les décisions finales après avoir consulté les autres acteurs pour des questions importantes.

L’entreprise, les architectes et le maître d’ouvrage émettent des propositions de manière circulaire en prenant en considération les possibilités budgétaires, architecturales et en respectant le cahier des charges. Parfois, des remarques des futurs habitants soulèvent des questionnements, comme le fait qu’il risque de faire trop chaud dans les appartements du dernier étage. Comme le souligne Hervé Pierart, du Fonds du Logement, il faut pouvoir se montrer « à disposition des familles pour répondre à leurs questions lors des réunions et visites participatives prévues durant le chantier.

Par conséquent, les familles ne sont pas uniquement au centre du projet, elles font partie intégrante, au même titre que le CLTB, le Fonds du Logement et les entreprises de construction. C’est une véritable prise en main de tous, pour tous, par tous.

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